Si vous avez aimé…

Livres comme Tant que le café est encore chaud

Qui cherche un livre comme Tant que le café est encore chaud cherche en général l’une de deux choses : une autre règle impossible, appliquée sans tricher, ou le même petit refuge japonais où l’on entre abîmé et d’où l’on ressort un peu réparé. Voici les deux étagères, uniquement avec des livres disponibles en français.

Publié par Simran Mehta Mis à jour le

Cover of The Memory Fare by Simran Mehta: a lit sleeper train streaking across a deep teal field, a lone figure standing beneath it.

Sur ce site · Book Two

The Memory Fare

Édition en anglais

Si vous lisez l’anglais, The Memory Fare est le roman de ce site le plus proche du café de Kawaguchi : une règle qui ne se négocie pas, et quelqu’un qui paie quand même. Cora Marsh monte exprès dans un train absent de tous les horaires pour retrouver sa fille, disparue depuis six ans, et chaque porte qu’elle ouvre lui coûte un souvenir vrai d’elle. C’est plus dur et moins consolant que le café. Il n’existe qu’en anglais, sur Kindle et en broché.

En bref

Pour un livre comme Tant que le café est encore chaud, tout dépend de ce qui vous a retenu. Si c’était la règle — une seule chaise, rien ne change, revenir avant que le café refroidisse — lisez d’abord La Formule préférée du professeur de Yoko Ogawa, puis Et si les chats disparaissaient du monde… de Genki Kawamura. Si c’était le lieu — une petite adresse, des histoires reliées, quelqu’un derrière le comptoir qui en sait plus qu’il ne dit — enchaînez avec La Bibliothèque des rêves secrets de Michiko Aoyama et Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai. Si c’est l’histoire qui vous a fait pleurer, Les Délices de Tokyo. Et si vous voulez simplement plus de café : la série compte quatre tomes en français, dans l’ordre indiqué plus bas.

Ce qu’est vraiment ce roman japonais, et pourquoi les listes se trompent

Tant que le café est encore chaud a d’abord été une pièce de théâtre, et cela se sent : un seul décor (le café Funiculi Funicula, en sous-sol, à Tokyo), une poignée de personnages, et quatre histoires qui sont en réalité quatre clients. On peut revenir dans le passé, mais à des conditions strictes : sans quitter sa chaise, sans rien pouvoir changer au présent, et en revenant avant que le café ait refroidi. Toshikazu Kawaguchi ne cherche pas à expliquer la magie ; il s’intéresse à ce que les gens font d’un voyage qui ne changera rien.

Le roman a paru chez Albin Michel en 2021, traduit par Miyako Slocombe, et il a ouvert en France la vague de ce qu’on appelle le roman feel good japonais (ou « healing fiction ») : des chats, des librairies, des petits restaurants, des gens fatigués qu’un lieu remet debout. Le problème des listes, c’est qu’elles mélangent deux lecteurs. Celui qui a aimé la règle veut une contrainte impossible et honnête. Celui qui a aimé le café veut une adresse chaleureuse et des histoires reliées. Les deux sections ci-dessous sont faites pour l’un puis pour l’autre.

La règle : une contrainte impossible, appliquée jusqu’au bout

  1. La Formule préférée du professeur Yoko Ogawa

    Titre original : Hakase no aishita sūshiki

    Actes Sud (Babel en poche) · 2005 · Trad. Rose-Marie Makino-Fayolle

    Une aide-ménagère est envoyée chez un ancien professeur de mathématiques dont la mémoire, depuis un accident, ne dure que quatre-vingts minutes. Chaque matin, elle doit se présenter de nouveau ; il lui demande sa pointure, trouve le nombre magnifique, et exige que son fils de dix ans vienne après l’école. C’est la règle de Kawaguchi sans le café : une horloge fixe, une remise à zéro totale, et une famille qui se forme malgré tout. Le premier livre à lire après le café, et de loin le plus tendre d’Ogawa.

    À éviter si
    vous voulez un dispositif surnaturel : les quatre-vingts minutes sont médicales, pas magiques.

    Vérifié sur : Critiques Libres : édition Actes Sud, traductrice

  2. Et si les chats disparaissaient du monde… Genki Kawamura

    Titre original : Sekai kara neko ga kieta nara

    Pocket · 2018 · Trad. Diane Durocher

    Un jeune facteur apprend qu’il va mourir. Le diable lui propose un marché : un jour de vie en plus contre la disparition d’une chose dans le monde. Les téléphones, puis les films, puis les horloges… jusqu’au jour où il s’agit de son chat. C’est court, presque un conte, et construit exactement comme le café : une règle énoncée d’entrée, un prix qu’on connaît, et un narrateur qui découvre ce qui compte en le perdant. Plus mélancolique que drôle, malgré le chat.

    À éviter si
    les fables un peu sentencieuses vous agacent : le message est dit clairement.

    Vérifié sur : Critiques Libres : Pocket 2018, traductrice

  3. Le Château solitaire dans le miroir Mizuki Tsujimura

    Titre original : Kagami no kojō

    Milan · 2022 · Trad. Jean-Louis de La Couronne

    Kokoro ne va plus au collège. Un jour, le miroir de sa chambre se met à briller et la fait passer dans un château où l’attendent six autres adolescents et une fillette au masque de loup, qui leur fixe des règles et une date limite. C’est plus long et plus romanesque que le café, publié en France par un éditeur jeunesse, mais la mécanique est la même : des règles strictes, un lieu hors du monde, et des blessures ordinaires qu’on finit par nommer. La fin recolle tout d’un coup.

    À éviter si
    un roman aux héros de treize ans ne vous tente pas, même bien écrit.

    Vérifié sur : Vikidia : édition Milan 2022, traducteur

Le lieu : une petite adresse et des histoires reliées

  1. La Bibliothèque des rêves secrets Michiko Aoyama

    Titre original : Osagashimono wa toshoshitsu made

    Nami (Leduc) ; J’ai lu en poche · 2022 · Trad. Alice Hureau

    Le jumeau structurel du café, sans aucune magie. Cinq personnes à un tournant (une vendeuse, un comptable qui rêve d’antiquités, une mère écartée au travail, un chômeur, un jeune retraité) échouent dans la petite bibliothèque d’un centre communal de Tokyo. La bibliothécaire, Sayuri Komachi, massive et peu souriante, leur donne une liste de livres, en ajoute un que personne n’a demandé, et un petit objet en feutrine. Un lieu, une gardienne, cinq visites reliées : si vous préfériez les clients du café à sa règle, c’est celui-ci.

    À éviter si
    vous vouliez du surnaturel : Komachi est seulement très bonne dans son métier.

    Vérifié sur : ActuaLitté : la collection Nami chez Leduc, Éditions Leduc : extrait et traductrice

  2. Le Restaurant des recettes oubliées Hisashi Kashiwai

    Titre original : Kamogawa shokudō

    Nami (Leduc) ; J’ai lu en poche · 2023 · Trad. Alice Hureau

    À Kyoto, un petit restaurant sans enseigne, tenu par un ancien policier et sa fille, retrouve pour ses clients un plat perdu : celui d’une mère disparue, d’un ancien amour, d’une enfance. Chaque chapitre est un client, une enquête culinaire, un plat reconstitué et une vérité qu’il fallait entendre. C’est la version gourmande du café de Kawaguchi : le passé revient par la bouche plutôt que par une chaise. Deux suites existent en français, Deuxième service et À la carte.

    À éviter si
    les descriptions de plats détaillées vous ennuient : il y en a à chaque chapitre.

    Vérifié sur : Critiques Libres : éditions Nami, traductrice, suites

  3. La Librairie Morisaki Satoshi Yagisawa

    Titre original : Morisaki shoten no hibi

    Hauteville · 2025 · Trad. Déborah Pierret-Watanabe

    Takako, vingt-cinq ans, quittée et sans travail, accepte de loger au-dessus de la librairie d’occasion de son oncle, dans le quartier des bouquinistes de Jinbôchô, à Tokyo. Elle n’aime pas lire ; elle apprend. Rien d’extraordinaire n’arrive, et c’est exactement le plaisir du livre : un lieu, un oncle excentrique, des soirées de lecture, une convalescence lente. Court et doux, c’est le livre le plus « café » de cette liste sans aucune règle magique.

    À éviter si
    vous avez besoin d’une intrigue : ici, il s’agit surtout de reprendre souffle.

    Vérifié sur : Critiques Libres : Hauteville, traductrice, Nippon.com : entretien avec l’auteur à Jinbôchô

  4. Bienvenue à la librairie Hyunam Hwang Bo-reum

    Titre original : Eoseo oseyo, Hyunam-dong seojeomimnida

    Philippe Picquier · 2024 · Trad. Hyonhee Lee et Isabelle Ribadeau Dumas

    Coréen et non japonais, mais c’est le livre qu’on vous tendra en librairie juste après le café. Yeongju quitte une carrière et un mariage, ouvre une librairie dans un quartier résidentiel de Séoul, embauche un barista qui n’a été pris nulle part ailleurs, et les habitués arrivent un à un. Personne ne voyage dans le temps ; tout le monde va un peu mieux à la fin. Idéal si l’équipe du café était votre partie préférée, beaucoup moins si c’était la règle.

    À éviter si
    les livres qui vous expliquent comment bien vivre vous donnent envie de faire l’inverse.

    Vérifié sur : Livres Hebdo : parution chez Picquier

L’émotion : si c’est l’histoire qui vous a fait pleurer

  1. Les Délices de Tokyo Durian Sukegawa

    Titre original : An

    Albin Michel · 2016 · Trad. Myriam Dartois-Ako

    Sentarô tient sans passion une échoppe de dorayaki. Une vieille dame aux doigts déformés, Tokue, lui demande du travail et lui apprend à préparer la pâte de haricots rouges en « écoutant » les haricots. Les clients affluent, puis une rumeur sur son passé de lépreuse vide la boutique. Le roman le plus émouvant de cette liste, sur fond de la ségrégation, bien réelle, des anciens malades de la lèpre au Japon, et adapté au cinéma par Naomi Kawase. Pour les lecteurs qui ont pleuré au café.

    À éviter si
    vous voulez rester dans la douceur : la dernière partie est franchement triste.

    Vérifié sur : Critiques Libres : Albin Michel 2016, traductrice

  2. Les Mémoires d’un chat Hiro Arikawa

    Titre original : Tabineko ripōto

    Actes Sud · 2017 · Trad. Jean-Louis de La Couronne

    Nana, un chat des rues recueilli par Satoru, raconte le long voyage en voiture que fait son maître à travers le Japon pour lui trouver un nouveau foyer chez d’anciens amis. Pourquoi il doit s’en séparer, le lecteur le comprend bien avant le chat. Drôle par la voix du narrateur, déchirant par ce qu’il ne voit pas, c’est l’un des romans feel good japonais les plus aimés en France, et le compagnon naturel du café pour qui cherche la même larme au bout.

    À éviter si
    les histoires d’animaux qui finissent en larmes sont au-dessus de vos forces.

    Vérifié sur : ActuaLitté : édition Actes Sud, traducteur, Livraddict : parution 2017

Dans quel ordre lire la série de Kawaguchi ?

Chez Albin Michel (puis au Livre de Poche) : Tant que le café est encore chaud (2021), Le Café du temps retrouvé (2022), Le Café où vivent les souvenirs (2023) et Le Café des au revoir (2024). Chaque tome se lit seul, mais les personnages reviennent d’un livre à l’autre ; commencez par le premier.

Et La Bibliothèque de minuit de Matt Haig ? On la recommande partout à côté du café, mais sa règle est l’inverse : Nora peut essayer toutes les vies qu’elle aurait pu vivre et les quitter à la première déception, là où les clients du café ne peuvent rien changer. L’un est un menu, l’autre une limite.

Questions fréquentes

Ce que demandent les lecteurs

Quel livre lire après Tant que le café est encore chaud ?

La Formule préférée du professeur de Yoko Ogawa si vous avez aimé la règle, La Bibliothèque des rêves secrets de Michiko Aoyama si vous avez aimé le lieu et ses clients. Les deux sont traduits en français et disponibles en poche.

Combien de tomes compte la série Tant que le café est encore chaud ?

Quatre en français chez Albin Michel : Tant que le café est encore chaud, Le Café du temps retrouvé, Le Café où vivent les souvenirs et Le Café des au revoir. Chacun peut se lire seul.

C’est quoi, un roman feel good japonais ?

Des romans courts, souvent en histoires reliées, autour d’un lieu refuge (café, librairie, restaurant, chat) où des personnages fatigués reprennent pied. La douceur n’exclut pas la tristesse : les meilleurs, comme Les Délices de Tokyo, font pleurer.

Existe-t-il un roman comme Tant que le café est encore chaud mais dans un train ?

En français, pas vraiment. En anglais, The Memory Fare de Simran Mehta reprend l’idée d’une règle qu’on paie : chaque porte d’un train coûte un souvenir de la personne qu’on cherche. Voir aussi notre guide des romans dans un train.